Etudier la magnétosphère en 3D

14-03-2015 Philippe VOLVERT

La NASA a lancé avec succès la mission Magnetospheric Multi Scale à l'aide d'une fusée Atlas V/421, modèle équipé de deux propulseurs d'appoint. Le décollage est intervenu à 02 heures 44 TU dans la nuit de jeudi à vendredi depuis le complexe de lancement 41 à Cape Canaveral. Cent sept minutes plus tard, les satellites MMS étaient placés sur une orbite parking de 580 x 70 279 km sur une inclinaison de 28,8°.

La mission MMS implique quatre satellites identiques de 1 360 kg chacun et volant en formation. Equipés d'instruments d'analyses, de détecteurs et de magnétomètres, ils vont étudier les trois processus fondamentaux du plasma ; à savoir les reconnexions magnétiques, l'accélération des particules énergétiques et les turbulences dans la magnétosphère terrestre. C'est dans cet environnement ionisé de la Terre que se produisent les aurores polaires, phénomènes qui se produisent lors d'un afflux de particules chargées éjectées par le Soleil entre en collision avec le bouclier que constitue la magnétosphère. Certaines de ces particules, canalisées par les lignes du champ magnétique terrestre sont acheminées vers les pôles où elles heurtent les atomes d'oxygène et d'azote dans la couche supérieure de l'atmosphère terrestres donnant naissance à ces drapés lumineux et colorés dans le ciel nocturne.

La phase scientifique commencera début septembre lorsque les instruments embarqués auront été vérifiés et calibrés. Les satellites circuleront dans deux orbites très elliptiques. Chacune d'elle est destinées à faire traverser deux zones de reconnexion magnétique. Durant les 18 premiers mois, ils voleront à la frontière du champ magnétique terrestre côté Soleil sur une orbite de 2 550 x 70 080 km. Les six mois suivants, les satellites se focaliseront sur la face opposée sur une orbite ayant un apogée de 152 900 km.

Les satellites MMS doit prendre la suite à Cluster lancés en 2000 par l'agence spatiale européenne. De nombreux laboratoires européens et japonais sont impliqués dans la mission dont le coût global est estimé à 1,1 milliard de dollars.

Sources

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