Echec pour la 20ème mission d’Electron

15-05-2021 Philippe VOLVERT

Malgré un retard d’une heure en raison de vents forts en altitude, la 20ème mission d’Electron avait plutôt bien commencé. La fusée de 13 tonnes a pris son envol à 11 heures 11 TU depuis la péninsule de Mahia en Nouvelle-Zélande avec deux satellites à son bord.

Après deux minutes et 33 secondes de vol, la fusée volait à 8 220 km/h et se trouvait à 73 km d’altitude lorsque le premier étage a été séparé conformément au plan de vol. Trois secondes plus tard, le deuxième étage a pris le relai en allumant son moteur Rutherford pour une phase propulsive de 06 minutes et 09 secondes. Aussitôt, les images diffusées en direct par les caméras embarquées ont montré qu’il se passait quelque chose d’anormal. La tuyère, qui prend une teinte rouge vif durant le fonctionnement du moteur, a repris sa couleur grise d’origine. En salle de contrôle, tout le monde a compris que le Rutherford venait de s’éteindre. Quelques instants plus tard, la télémétrie était perdue, condamnant la fusée et les satellites.

Dans un communiqué, RocketLab a annoncé qu’elle allait travailler en étroite collaboration avec la Federal Aviation Administration pour enquêter sur l'anomalie et identifier la cause profonde afin de corriger le problème pour les futures missions.

Ce lancement était le 20ème de la fusée Electron depuis sa mise en service en mai 2017 et le troisième échec de son histoire.

La constellation BlackSky

« Running Out Of Toes » était la première des quatre missions confiées à RocketLab par la société américaine Spaceflight Industries pour déployer une partie de la constellation BlackSky dédiée à l’imagerie haute définition de notre planète.

Chaque satellite, d’une masse de 56 kg, est équipé d'un télescope ayant une ouverture de 24 centimètres, capable de fournir des images de la Terre en mode panchromatique ou couleurs avec une résolution spatiale allant de 0,9 à 1,1 mètre depuis une orbite située à 500 km d’altitude.

Sous la coiffe d’Electron se trouvaient les exemplaires 8 et 9. A terme, la constellation devrait compter pas moins de 60 satellites, couvrant l’ensemble du globe, passant d’un pôle à l’autre sur une orbite héliosynchrone.

Vers une Electron réutilisable

Comme en novembre dernier, RocketLab est parvenue à récupérer le premier étage d’Electron. Après s’être séparé du reste de la fusée, il a effectué une série de manœuvres complexes destinées à lui permettre de survivre à la chaleur et aux forces extrêmes de la rentrée atmosphérique. Pour cette tentative, l’étage était équipé d'un bouclier thermique destiné à protéger les neuf moteurs Rutherford d'un parachute pour ralentir la descente vers l’océan Pacifique. Aux dernières nouvelles, la manœuvre avait réussi et les équipes de récupération travaillaient pour ramener l’étage sur le site de lancement.

C’était la deuxième des trois récupérations en mer prévues avant de passer à la phase finale du programme, à savoir la récupération en plein vol par un hélicoptère.

RocketLab compte sur la réutilisation du premier étage d’Electron, comme le fait SpaceX avec Falcon 9, pour réduire le coût du lancement et rendre sa fusée encore plus compétitive.

Sources

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