Deux satellites Galileo lancés par Soyuz

22-08-2014 Philippe VOLVERT

L'Europe poursuit la construction de son réseau de géolocalisation après la mise sur orbite réussie de deux nouveaux satellites Galileo. Ils ont pris le chemin de l'espace à bord d'une fusée Soyuz 2.1b/Fregat affrétée par Arianespace. Le décollage est intervenu sans le moindre retard sur la chronologie à 12 heures 27 TU depuis le Centre Spatial Guyanais. Il s'agissait de la 1827ème mission de la vénérable Semiorka dont Soyuz est la plus illustre descendante. Dix minutes plus tard, l'étage supérieur Fregat prenait la relève pour un vol propulsé de trois heures trente réalisé en plusieurs étapes et qui a abouti à l'injection des satellites sur une orbite de 23 522 km, inclinée de 55 degrés.

Les satellites lancés ce vendredi sont les deux premiers de la série FOC (Full Operationnal Capacity) qui en comptera 22. Ils s'ajouteront aux quatre autres déjà sur orbite et qui ont servi à valider la conception du système à une échelle réduite. Une fois le chantier achevé, la constellation sera constituée de 30 satellites, dont 24 satellites opérationnels et 6 de réserve répartis sur trois plans orbitaux. La maîtrise d'oeuvre des FOC est assurée par l'allemand OHB System qui fournit la plate-forme et l'anglais Surrey Satellite Technology Ltd, chargé de concevoir la charge utile. Au décollage, chaque engin pèse 730 kg et a une durée de vie optimale de 12 ans.

Avec Galileo, l'Europe dispose enfin de son propre système de navigation par satellites dont les performances seront supérieures à la concurrence américaine (GPS), russe (Glonass) ou encore chinoise (Beidou) en permettant d'offrir une précision de moins de 4 mètres pour le service gratuit et de moins de 1 mètre pour le service payant. Outre son rôle premier de localisation, il ouvrira de nouvelles perspectives dans des domaines tels que le transport, la téléphonie mobile, l'agriculture, certains domaines scientifiques ou encore les services d'urgence. Equipés d'une balise COSPAS/SARSAT, il pourra relayer les signaux de détresse à travers le monde. Un bonus non négligeable lorsque l'on sait que ces balises ont permis de sauver plus de 35 000 personnes à travers le monde grâce à la coopération de plus de 40 pays qui participent au programme international Cospas-Sarsat.

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