Deux lancements, deux échecs

18-08-2011 Philippe VOLVERT

Coup sur coup, deux missions se sont soldées par un échec. Tout commence à Baïkonour dans le Kazakhstan. Une fusée Proton a décollé dans la nuit de mercredi à jeudi à 21 heures 25 TU du pas de tir 200/39. Sous la coiffe de la fusée se trouvait un imposant satellite russe de télécommunications, Ekspress AM4. Construit par EADS Astrium sur une plate-forme Eurostar 3000, le satellite pesait quelques 5,8 tonnes au décollage. La première phase de vol s'est déroulée correctement. Proton a injecté sur une orbite parking l'étage supérieur Briz M surmonté du satellite. Cet étage devait s'allumer à 5 reprises avant de placer le satellite sur une orbite de transfert géostationnaire quelques 9 heures après le décollage. Il semblerait que les choses se soient compliquées pendant ou après la quatrième phase d'allumage lorsque le centre de contrôle a perdu les données télémétriques du vol. Pour l'heure, pas plus d'explications mais il est certain que l'échec aura des répercutions sur le calendrier des vols commerciaux de Proton. C'est en effet la même version du lanceur russe qu'International Launch Service exploite. Le prochain était attendu le 11 septembre pour la mise sur orbite du satellite Viasat 1.

Quelques heures plus tard, c'était au tour des Chinois de goûter au revers spatial. Une fusée Chang-Zheng 2C a été lancée ce jeudi à 09 heures 28 TU du centre spatial de Jiuquan. Elle devait placer sur orbite le satellite SJ 11-04. L'orbite visée était une orbite héliosynchrone culminant à 700 km et inclinée de 98,3°. Il existe peu d'informations sur le satellite SJ 11-04. On sait de sources sûres qu'il s'agissait d'un satellite d'alerte précoce qui aurait permis à la Chine de disposer de sa première constellation d'alerte balistique composée de satellites fonctionnant dans les domaines de l'optique, infrarouge et radar permettant de détecter tout lancement de missiles à travers le monde. Au moment où ces lignes sont écrites, aucune information n'a été fournie quant aux circonstances de cet échec. Il faudra attendre qu'une enquête le détermine. Toujours est-il, que même si cet échec est ennuyeux pour les Chinois, il l'est beaucoup moins que celui de Proton. En effet, Chang-Zheng ne souffre pas d'échecs répétés. C'est le premier depuis 1996, toutes versions confondues, mais le premier depuis 1974 pour la série Chang-Zheng 2 et le tout premier dans la version 2C. Il n'est pas sûr pour autant que cet échec n'affecte pas la suite des opérations, notamment le lancement de la première station spatiale habitée chinoise, Tiangong 1, prévu d'ici la fin de l'année.

Sources

Sur le même sujet