Ariane, une attente récompensée

23-03-2014 Philippe VOLVERT

Lorsque l'on travaille dans le domaine spatial, le maître mot est sans doute la patience. Et c'est ce dont a eu besoin l'un des deux clients du vol Ariane VA216. Et pour cause ! Voilà, 3 mois que la société luxembourgeoise SES attend la mise sur orbite de son satellite Astra 5B. A quelques semaines du lancement programmé pour décembre, Arianespace annonce un report afin de procéder à des vérifications complémentaires sur le second passager, le satellite Amazonas 4A. Une nouvelle date est fixée pour février mais c'est sans compter sur de nouveaux soucis sur le passager espagnol qui retardent à nouveau cette 217ème mission du lanceur européen. Entretemps, le vol VA217 réussissait la mise sur orbite de ses deux passagers. Au regard de l'attente du client luxembourgeois, le report de 24 heures annoncé vendredi dernier pour conditions météorologiques n'est plus qu'anecdotique. Finalement, la nuit dernière, Ariane prenait la route de l'espace sous un ciel bien plombé par une couverture nuageuse très épaisse. La mise à feu est intervenue à 22 heures 04 TU depuis le pas de tir numéro 3 au Centre Spatial Guyanais. Après une demi-heure de vol parfait, le lanceur européen plaçait correctement sur orbite ses deux passagers.

Le tout premier éjecté sur l'orbite de transfert géostationnaire est le luxembourgeois Astra 5B. L'engin de 5 755 kg a été construit par Airbus Defense and Space pour le compte du numéro 1 mondial des télécommunications par satellites, la société SES. Il doit rejoindre la position 31,5° Est d'où il pourra arroser l'Europe en service de vidéo, télécommunications et gouvernementaux pendant au moins 15 ans. Pour se faire, il est équipé de 40 répéteurs en bande Ku et en 6 en bande Ka montés sur une plate-forme Eurostar 3000 L.

Le second passager est Amazonas 4A. Le satellite a été construit par l'américain Orbital Sciences Corporation pour le compte de l'opérateur espagnol Hispasat. Il utilise une plate-forme GEOStar-2.4 équipée de 24 répéteurs en bandes Ku lui conférant une masse au décollage de 2 938 kg. Il sera positionné par 61° Ouest ce qui lui permettra de couvrir le continent sud américain et renforcer les services de télécommunications, notamment pour la Coupe du Monde 2014 au Brésil. Il devrait rester opérationnel pour une durée de 15 ans.

Le vol 216 est un succès, le 59ème d'affilée pour Ariane 5, mais il reste du pain sur la planche au Centre Spatial Guyanais. D'ici la fin du printemps, ce ne sont pas moins de quatre lancements qui seront effectués depuis Kourou. Dans deux semaines, une fusée Soyuz placera sur orbite Sentinel 1A, premier élément du programme européen de surveillance de la Terre Copernicus initiative conjointe de l'Agence spatiale européenne et de l'Union européenne. A la fin avril, VEGA devrait emporter le satellite kazakh KazEOSat 2 dédié à l'observation de la Terre. Un mois plus tard, la 218ème Ariane lancera le satellite malaisien Measat 3b/Jabiru 2 et l'australien Optus 10. Soyuz fermera la marche avec le lancement de deux satellites de géolocalisation Galileo. Un programme chargé pour Arianespace qui reste à ce jour le leader en matière de transport spatial.

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