Ariane place sur orbite un espion français

18-12-2009 Philippe VOLVERT

Il est 16 heures 26 en temps universel lorsque la fusée européenne Ariane s'arrache de la forêt guyanaise pour sa 193ème mission. La version choisie pour ce vol était une Ariane 5GS équipée d'un moteur Vulcain 1 au premier étage. Ce lancement coïncide avec la dernière utilisation de cette version, introduite en 2003 après l'échec du vol inaugural d'Ariane 5ECA en décembre 2002. Désormais, Arianespace n'exploitera plus que la version ECA pour les orbites hautes (satellites de télécommunications essentiellement) et la version ES pour les orbites basses (cargos de ravitaillement ATV principalement). Une heure après son envol de Kourou, Ariane plaçait son unique passager, le satellite Helios 2B, sur une orbite parfaite.

Helios est un programme français de reconnaissance militaire auquel ont participé la Belgique, l'Espagne à concurrence de 5 %. Il est géré par l'armée française via la Direction du Renseignement Militaire et Direction Générale de la Sécurité Extérieure. Les données recueillies par Helios 2B seront également exploitées dans un cadre plus européen, notamment via l'European Union Satellite Centre qui regroupe l'Allemagne, la Belgique, l'Italie, l'Espagne et Grèce et viendront en complément aux images fournies par les satellites italiens Cosmo-SkyMed et allemand SAR-Lupe.

Au décollage, le satellite Helios 2B pesait 4 200 kg. Il a été construit par EADS-Astrium pour le compte de la Direction Générale de l'Armement. Il est équipé de caméras haute résolution dont la résolution est inférieure à 1 mètre avec une capacité d'observation allant de l'infrarouge à la lumière visible. Il circule sur une orbite héliosynchrone à 675 km d'altitude. Il suit la même courbe trajectographique qu'Helios 1A, lancé en juillet 1995 et Helios 2A lancé en décembre 2004. Les images prises par les satellites à intervalles réguliers permet de les comparer l'une par rapport à l'autre et ainsi détecter toute activité suspecte.

Sources

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