Aeolus lancé dans l'espace avec succès

23-08-2018 Philippe VOLVERT

Après un retard de 24 heures en raison de vent en altitude, le satellite Aeolus a été lancé avec succès depuis le Centre Spatial Guyanais. La fusée européenne VEGA a décollé de son pas de tir à 21 heures 20 TU pour un vol d'une durée de 55 minutes. Le satellite de 1 357 kg a été séparé sur une orbite héliosynchrone culminant à 320 km d'altitude.

Les équipes au sol en charge d'Aeolus ont pu prendre contact avec le satellite une fois séparé du lanceur. L'acquisition du signal s'est fait quelque peu attendre puisqu'il est arrivé avec 16 minutes de retard. Mais tout va bien pour le satellite qui a déployé ses panneaux solaires.

Pendant les trois prochains mois, Aeolus va être testé et calibré avant de commencer sa mission de trois ans consacrée à l'étude du profil des vents présents entre 0 et 30 km d'altitude.

Aeolus, une longue phase de développement

Le succès de la mission marque l'aboutissement de 16 années de travail pour la conception du satellite. Financée par l'Agence Spatiale Européenne pour un montant de 480 millions EUR, la mission Aeolus voit enfin le jour.

Depuis le feu vert officiel en 2002, le satellite a subi de nombreux retards en raison de la difficulté dans la réalisation de la charge utile ALADIN (Atmospheric LAser Doppler INstrument) et plus particulièrement le laser conçu pour émettre des rayons ultraviolets à travers l'atmosphère terrestre. Construit par Airbus Defense and Space au Royaume-Uni, Aeolus devait être lancé à l'origine 5 ans après la signature du contrat de fabrication en 2003. Lors d'un essai dans une chambre à vide pour simuler les conditions spatiales, le laser avait cessé de fonctionner. La défaillance de l'instrument avait semé le doute auprès des concepteurs de la mission avant de finalement trouver une solution qui lui permette de travailler dans l'espace.

Pièce maîtresse d'Aeolus, le laser de grande puissance doit émettre 50 impulsions/seconde vers le sol. Une infime partie de la lumière émise par le laser rebondit sur les différentes surfaces (molécules présentes dans l'atmosphère et la surface de la Terre) vers un télescope doté d'un miroir de 1,5 m de diamètre. Le rayonnement lumineux sera renvoyé avec un léger décalage Doppler dû au mouvement des particules et molécules atmosphériques induites par le vent. La différence enregistrée permettra de déterminer la vitesse de déplacement des particules et donc du vent.

Jusqu'à présent, aucune mission spatiale n'a été en mesure de collecter de telles données dans les différentes couches atmosphériques à l'échelle mondiale. Elles se sont limitées à déterminer sa vitesse en suivant le mouvement des nuages et des aérosols ou en mesurant l'effet du vent sur les surfaces océaniques.

Aeolus doit prendre les premières mesures mondiales de la vitesse du vent depuis la surface terrestre jusqu'à une altitude de 30 km. Les données recueillies seront intégrées dans les modèles numériques en remplacement des « conditions aux limites » jusqu'ici utilisées. Les mesures en temps réels permettront d'améliorer les prévisions météorologiques.

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