2011, année noire pour la Russie

24-12-2011 Philippe VOLVERT

On a souvent vanté la fiabilité de la fusée russe Soyuz. S'il est vrai qu'elle est l'un des lanceurs les plus fiables au monde, elle aussi peut connaître une année moins glorieuse. Et 2011 est l'une de ces années. Après l'échec du mois d'août qui a conduit à la perte d'un cargo Progress, c'est au tour d'un satellite militaire de s'écraser près d'Ordynsky en Sibérie. Pourtant, le vol avait plutôt bien commencé. La fusée Soyuz 2.1b/Fregat avait décollé à 12 heures 08 TU du pas de tir 43/4 au cosmodrome de Plesetsk. Le premier étage avait rempli son rôle tout comme le second. La fusée qui accusait un poids de 318 tonnes au décollage ne pesait plus que 35 tonnes un peu moins de 7 minutes plus tard lorsque le troisième étage entre en action. Le moteur RD-0124 qui équipe se dernier est doté de 4 chambres de combustion fournissant une poussée de 294 kN durant 275 secondes. Selon les premières indications, l'anomalie aurait été rencontrée après 5 minutes et 1 seconde de vol sur la chambre de combustion numéro 1. Cet échec est le sixième de l'industrie spatiale russe en un an.

Le 05 décembre 2010, un remplissage trop excessif de l'étage supérieur d'une fusée Proton conduit à la perte de trois satellites de navigation Glonass. Le premier février 2011, une anomalie est rencontrée lors du lancement d'une fusée Rockot chargée de placer sur orbite le satellite Geo IK 2-1 dédié à la géodésie. Il se retrouve sur une orbite inexploitable et est déclaré perdu les jours suivants. En août, c'est carrément la débandade avec deux échecs successifs. Il y a tout d'abord le satellite Ekspress-AM 4 qui disparait des écrans pendant la phase de propulsion de l'étage supérieur Briz M lors de son lancement par une fusée Proton le 17. Une semaine plus tard, le moteur du troisième étage d'une fusée Soyuz tombe en panne. Le cargo Progress chargé de ravitailler les occupants de la station spatiale internationale est précipité dans la région de l'Altaï en Sibérie occidentale. Puis le 08 novembre dernier, la sonde martienne Fobos-Grunt est atteinte d'un mal mystérieux qui l'empêche de quitter l'orbite terrestre.

Ces échecs à répétition ont tous un lien commun. Ils n'impliquent aucun autre pays à part la Russie elle-même. On serait en droit de se demander si la qualité du travail n'est pas inférieure lorsqu'il n'y a aucun enjeu commercial, ce qui expliquerait que tous ces ratés ne concernent que des missions gouvernementales russes.

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