Echec de VEGA : Les conclusions de l'enquête

05-09-2019 Philippe VOLVERT

La Commission d'enquête indépendante, mise en place au lendemain de l'échec de la mission VV15 de la fusée VEGA, a rendu son rapport. Le plus petit des lanceurs commercialisés par Arianespace pourrait reprendre du service au début de l'année prochaine après une pause de six mois.

Le 11 juillet dernier, le quinzième exemplaire de VEGA devait placer sur orbite le satellite de reconnaissance FalconEye 1 pour le compte des Emirats Arabes Unis. Mais au bout de deux minutes de vol, la fusée européenne décrochait de sa trajectoire avant d'être neutralisée par le service de sauVEGArde du Centre Spatial Guyanais.

L'analyse de la télémétrie a permis de reconstituer le scénario de l'accident. Le décollage est intervenu à 01 heures 53 minutes et 03 secondes TU depuis Kourou. Le fonctionnement du premier étage P80 a été nominal jusqu'à sa séparation après une minute et 54 secondes de vol. L'étage Z23 a ensuite pris le relai. Son moteur s'est parfaitement allumé et les paramètres de vol ont été conformes aux prévisions durant les 14 premières secondes. C'est à ce moment précis qu'un évènement soudain et violent s'est produit sur le moteur Z23, entraînant la rupture de VEGA en deux parties. Rapidement, la fusée a commencé à s'écarter de sa trajectoire. Trois minutes et 33 secondes après le décollage, l'ordre de destruction de la fusée est envoyé par les responsables de la sauVEGArde vol.

La Commission d'enquête, coprésidée par l'Inspecteur général de l'ESA et le Directeur Technique et Qualité d'Arianespace, a identifié une défaillance thermo-structurelle dans le dôme avant du moteur Z23 comme étant la cause la plus probable de l'anomalie qui a conduit à l'échec du vol VV15.

Le Z23 est un étage à propergols solides. Comme tous les moteurs du genre, le réservoir est rempli de poudre avec un creux au centre qui sert de cheminée d'évacuation des gaz de propulsion. Lorsque le moteur s'allume, la poudre brûle de l'intérieur vers l'extérieur jusqu'à son épuisement. Pendant toute la durée de la combustion, le dôme supérieur est exposé à la chaleur et à la pression. Pour VV15, il n'aurait pas résisté aux contraintes thermiques et aurait cédé.

D'autres hypothèses ont été étudiées, notamment celle du déclenchement intempestif de la chaîne de neutralisation du Z23 ou encore un acte malveillant, et ont été jugées improbables.

Le rapport émet deux recommandations. La première prévoit un plan de vérification comprenant des analyses détaillées complémentaires et des essais tandis que la seconde propose de mettre en place un ensemble d'actions correctives sur l'ensemble des sous-systèmes, procédés et équipements concernés. Le tout devra être validé avant un retour en vol annoncé pour le premier trimestre 2020.

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